Bassorah (956-1039)
Passage au début du 15° siècle – à Florence – de l'espace agrégat médiéval à l'espace relation moderne
L'espace est conçu comme un cadre, un théâtre, où se situent les objets, et il existent préalablement à eux et indépendamment d'eux. Il est conçu comme un réceptacle transparent, tridimensionnel, homogène, isotrope et illimité. Il est étudiable par les mathématiques, et plus précisément par la géométrie, les mesures et les proportions. Cette conception nouvelle n'est ni évidente ni immédiate malgré l'habitude que nous en avons prise: un tableau médiéval, un tableau de la Renaissane ou un tableau chinois montrent des conceptions visiblement différentes de l'espace.
Les peintres et les architectes comme Alberti et Piero delle Francesca ouvrent ainsi la voie aux physiciens comme Galilée et Newton. Une telle conception de l'espace est totalement différente de la notion de lieu chez Aristote. Le passage est progressif (un ou plusieurs points de vue, un ou plusieurs points de fuite, un ou plusieurs instants de la même histoire représentés simultanément) et il est empirique d'abord avant d'être ensuite formalisé (mathématisé), puis abandonné en pratique…
Cette conception de l'espace résulte d'une synthèse entre optique et géométrie (d'Alhazen à Grosseteste) et de l'importance crossante de la cartographie (le Géographie de Ptolémée est connue au début du 15° siècle, juste avant les grands voyages de découverte).
Pour Aristote, qui est la référence au début du 15° siècle, l'infini "en puissance" est concevable mais pas l'infini "en acte". Le point de fuite est-il un infini en acte?